Potager familial, faut-il travailler le sol ?

travail du solDans le monde du jardinage, le travail du sol est un sujet récurrent, car le travail du sol est  au cœur des activités saisonnières des jardiniers. Mais tandis que certains s’appuient sur l’expérience de leurs parents ou grands parents, d’autres remettent en question ses impacts sur l’écosystème, la biodiversité, et même sur la santé humaine.
Cette étude, très intéressante, apporte des informations sur l’intérêt du non labour du sol en agriculture de production. Mais nous pouvons, nous aussi, prendre en compte des préoccupations assez proches pour gérer nos petits potagers.

 

Le travail du sol, une pratique bien établie qui a ses avantages …

Si le travail du sol, bêchage, labour au motoculteur, … a toujours existé, c’est bien parce qu’il correspond à des besoins connus dont :

  • l’aération et le drainage : en retournant le sol, on améliore son aération et son drainage, favorisant ainsi la pénétration des nutriments et de l’eau jusqu’aux racines des plantes,
  • la maîtrise des mauvaises herbes : le retournement du sol aide à éliminer les mauvaises herbes en les enfouissant ou en les exposant à la surface où elles peuvent être facilement enlevées ou détruites,
  • la préparation des semis et plantations : travailler le sol permet de préparer le terrain avant la plantation, en le rendant plus favorable à la germination des semences et à l’implantation des plants,
  • le contrôle des ravageurs : certaines pratiques de travail du sol, comme le bêchage profond, peuvent contribuer à réduire la population de ravageurs en perturbant leur habitat,
  • l’enfouissement des amendements : le travail du sol permet d’enfouir les amendements (fumier, compost, …) pour faciliter leur transformation en humus.

… mais aussi ses inconvénients

  • l’érosion du sol :travail du sol un travail du sol excessif peut entraîner son érosion,  en particulier sur les pentes, ce qui diminue sa fertilité à long terme,
  • la perte de matière organique : en exposant le sol à l’air, le travail du sol peut accélérer la décomposition de la matière organique, réduisant ainsi sa disponibilité pour les plantes,
  • l’impact sur la biodiversité : le travail intensif peut perturber les écosystèmes souterrains, en affectant la vie des micro-organismes et d’autres organismes bénéfiques comme les vers de terre,
  • la multiplication des adventices : le travail du sol, notamment au motoculteur, favorise la multiplication de certains plantes indésirables comme par exemple le chiendent ou le liseron par division des racines, ou l’oxalis en dispersant les bulbes,
  • l’impact sur la santé : le travail du sol, même s’il constitue un exercice physique modéré  profitable, n’est pas très bon pour notre dos et nos vertèbres.

Impact du travail du sol sur la biodiversité

travail du solSur le plan éthique, la question se pose quant à la perturbation des écosystèmes naturels. Certains argue que le travail du sol perturbe les habitats des organismes vivants, tandis que d’autres soutiennent que le jardinage responsable implique une gestion équilibrée de l’environnement ménageant à la fois la nature et les besoins de production.

La biodiversité est une préoccupation importante dans un potager familial. En perturbant les écosystèmes souterrains, le travail du sol peut réduire la diversité des espèces vivantes.

Alors quel travail du sol ?

L’équilibre entre la tradition et la conduite écoresponsable du potager  est essentiel pour assurer la pérennité du potager familial tout en respectant l’environnement qui l’entoure. Certaines pratiques permettent de limiter le travail du sol :

  • créer des plates bandes séparées par des allées pour éviter de piétiner les zones de culture : pour ne pas avoir à travailler le sol trop souvent, il suffit de pas le tasser. Si on dispose de place, le plus efficace est de créer des platebande de 0,80 à 1,2 m (pour les grands !) séparées par des allées de 0,3 m pour pouvoir intervenir sur les légumes depuis l’allée sans tasser le sol. Si on manque de place, on peut utiliser des planches légères de 15 à 20 cm de largeur (les planches de coffrage ou la volige font l’affaire) pour marcher entre les rangs sans tasser le sol,
  • «greliner» plutôt que bêcher : l’utilisation de la grelinette (photo ci-contre) permet d’aérer le sol sans le retourner. Elle favorise l’incorporation des amendements dans la couche supérieure du sol, limitant ainsi la faim d’azote consécutive à sa dégradation. L’émiettage du sol en surface facilite l’arrachage des mauvaises herbes,
  • pailler : outre limiter l’arrosage qui tasse le sol, le paillage favorise l’action des verts de terre et protège la structure du sol des intempéries,
  • introduire des engrais verts dans les assolements : la culture d’engrais verts permet de protéger le sol des intempéries et de l’ameublir sous l’effet des racines. On peut utiliser par exemple du sarrasin, de la phacélie ou de la moutarde pour ameublir le sol, associés à une légumineuse pour l’enrichir en azote.
  • aménager des lasagnes ou des buttes : sur un sol argileux compact difficile à utiliser sans un  travail important et pénible, aménager des lasagnes ou des buttes permet de disposer d’un substrat de culture fertile qui ne nécessite aucun travail (une fois que la  structure est aménagée …).

La gestion d’un potager familial nécessite une approche réfléchie et équilibrée, tenant compte à la fois des pratiques traditionnelles de jardinage et des préoccupations environnementales actuelles. En adoptant des pratiques plus durables, les jardiniers peuvent minimiser le travail du sol tout en préservant sa santé  et la biodiversité. Cette approche favorise un jardinage respectueux de l’environnement, garantissant la pérennité du potager familial tout en préservant les écosystèmes naturels.

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