J’ai «domotisé» mon potager : retour d’expérience sur un projet mêlant technologie domotique et jardinage raisonné
La domotique ne se limite plus aux volets roulants ou au chauffage connecté : elle s’invite désormais dans nos jardins et potagers. Passionné de jardinage autant que de technologie, j’ai décidé de domotiser mon potager de 180 m². Voici comment j’ai conçu et mis en place un système d’arrosage intelligent, basé sur l’outil de domotique Home Assistant, le tout avec une logique éco-responsable et évolutive.
Le contexte : un potager structuré en quatre zones indépendantes

Planches de culture de la zone B et système d’arrosage par tuyaux micro-suintants
Mon potager fait environ 180 m², découpé en quatre zones distinctes correspondant à différents types de cultures et exposition (dont une serre bioclimatique de 24 m2).
L’idée était de pouvoir piloter l’arrosage indépendamment pour chaque zone, en fonction des besoins spécifiques des cultures, de l’exposition, de la météo et des saisons.
Voir quelques cultures réalisées dans mon potager
Le cerveau du système de domotique : Home Assistant
Le pilotage est centralisé via une box domotique Home Assistant Green, un boîtier faible consommation (1,7 wh en veille et 3,3wh en fonctionnement), silencieux et parfait pour les projets domotiques personnels. Home Assistant me permet d’intégrer tous les équipements Zigbee utilisés dans le système, de centraliser les données, de gérer des scénarios d’arrosage, et de surveiller la consommation.
Home Assistant fonctionne en local, sans dépendre d’un serveur cloud externe, ce qui le rend à la fois plus respectueux de la vie privée et plus écoresponsable, en évitant les échanges de données et la consommation énergétique liée au cloud.
Les données d’arrosage sont centralisées dans un tableau de bord (en construction).

Tableau de bord Home assistant de l’arrosage
Les composants domotique installés

Les 4 programmateurs Sonoff zigbee
- Programmateurs d’arrosage : chaque zone du potager est équipée d’un programmateur Sonoff ZigbeeCes modules pilotent l’ouverture et la fermeture de l’arrosage via des électrovannes et enregistrent le débit d’eau.
- Système d’arrosage : J’utilise des tuyaux micro-suintant (longueur totale 220m), efficaces pour un arrosage lent, au plus près des racines, et donc plus économe en eau. Cela limite aussi les pertes par évaporation.
- Pompe d’irrigation : La pompe de 400w qui alimente tout le système est branchée sur une prise connectée Zigbee, également pilotée par Home Assistant. Elle est activée automatiquement en amont de chaque cycle d’arrosage. Branchée sur le puits, elle sert aussi pour certains besoins domestiques. la prise zigbee enregistre la consommation électrique
- Scripts en YAML : Avec l’aide de ChatGPT, j’ai programmé des scripts en YAML, qui permettent de gérer :
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l’arrosage selon une fréquence et une durée données (par exemple tous les 2 jours à 6h pendant 1/2h),
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ou selon une quantité précise d’eau à distribuer par zone . Ce mode de programmation sera mis en place une fois les données de besoins en eau des différentes cultures maîtrisées.

Exemple de code YAML pour déclencher l’arrosage de la zone A. La pompe d’arrosage est déclenché à 11h au moment où les panneaux solaires couvrent la consommation de la pompe. L’électrovanne de la zone A ouverte 10 secondes après le démarrage de la pompe
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Suivi et mesures : données pour affiner l’arrosage
L’un des avantages majeurs de cette installation est la récupération des données en temps réel à partir du tableau de bord «Arrosage» créé dans Homme assistant. Parmi les indicateurs suivis :
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Consommation électrique de la pompe du puits (via la prise Zigbee avec suivi d’énergie intégré),
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Quantité d’eau distribuée par zone (en l/mn x durée), donnée par les programmateurs Sonoff,
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Durée de chaque session d’arrosage, stockée dans les informations du tableau de bord de Home Assistant.
Cela permet non seulement de mieux comprendre les besoins du potager, mais aussi d’ajuster les conditions d’arrosage pour éviter tout gaspillage.
En projet : l’asservissement à la météo
La prochaine étape : rendre le système plus intelligent en intégrant les prévisions de pluviométrie.
Pourquoi ne pas utiliser un humidimètre ?
Un humidimètre devrait permettre de déclencher l’arrosage quand le taux d’humidité du sol descend en dessous d’un certain seuil.
J’ai testé un humidimètre connecté dans ma serre, mais les données d’humidité se sont révélées trop aléatoires. Entre imprécisions et mauvaise fiabilité du capteur, j’ai décidé de miser plutôt sur les prévisions météo.
Intégration d’une API de Météo France
Home Assistant permet d’exploiter les prévisions de pluie de Météo France. L’idée est simple : si des pluies significatives (supérieures à 5mm/jour) sont prévues dans les prochaines 24-48h, le cycle d’arrosage est reporté automatiquement, sinon, l’arrosage se déroule normalement.
Cela permettra de s’adapter dynamiquement à la météo, et de faire un pas de plus vers un arrosage vraiment raisonné.
Bilan : une domotique utile, écologique et évolutive
Ce projet de domotique au potager me permet :
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d’automatiser les tâches pénibles (arrosage à l’arrosoir) répétitives et chronophages,
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de centraliser la gestion du potager dans une interface unique,
- de pouvoir piloter le système d’arrosage à distance,
et à terme, une fois le dispositif bien maîtrisé :
- de réduire ma consommation d’eau sans compromettre la santé des cultures,
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et surtout, de créer une solution adaptée à mes besoins et évolutive en fonction de la conduite du potager.
C’est aussi une vraie satisfaction personnelle de voir un système à la fois technique et respectueux de l’environnement fonctionner de façon autonome au quotidien.
A noter que Home assistant, en plus de différents dispositifs de la maison, permet également de gérer d’autres préoccupations extérieures :
- ma piscine naturelle : déclenchement de la pompe de recyclage au lever du soleil et arrêt au coucher, et bientôt maintien du niveau d’eau via un capteur de niveau zigbee et une pompe dans le puits (avec suivi des consommations électriques)
- mon puits canadien : projet de mise en route de la turbine quand la température intérieure de la maison dépasse un certain seuil (fonctionnement en puits provençal pour la climatisation).